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Petites histoires de construction des canaux en France

Le 3ème week-end d’octobre, ce sont les journées nationales de l’architecture. C’est pour nous l’occasion de met­tre en valeur les grands ingénieurs et con­struc­teurs, qui ont par­ticipé à la con­struc­tion ou à l’amélioration des voies nav­i­ga­bles en France.

L’invention et le perfectionnement des écluses

Une écluse

Com­mençons cette série par l’histoire de la con­struc­tion de l’un des emblèmes des canaux : l’écluse.

L’utilisation des éclus­es, ces ouvrages per­me­t­tant aux embar­ca­tions de mon­ter ou de descen­dre pour franchir une mod­i­fi­ca­tion de dénivelé, remonte à plus de 2000 ans. On attribue l’invention de l’écluse à sas à un com­mis­saire aux trans­ports chi­nois, ingénieur à ses heures : Qiao Weiyue en l’année 984. Aupar­a­vant le sys­tème d’écluses exis­tait déjà mais c’était une sim­ple porte instal­lée dans un bar­rage qui per­me­t­tait de dévers­er de l’eau en aval pour aug­menter le niveau du cours d’eau, ce qui demandait une quan­tité phénomé­nale d’eau.

En Europe, la pre­mière écluse à sas aurait été con­stru­ite aux Pays-Bas. Les ital­iens se sont ensuite intéressés à ce sys­tème et l’ont large­ment amélioré.

En France, ce fut Léonard de Vin­ci qui implan­ta les pre­mières éclus­es à sas. Et, même s’il n’est pas l’inventeur orig­inel du mécan­isme de l’écluse, il en appor­ta un per­fec­tion­nement majeur : les deux paires de portes busquées. C’est-à-dire deux portes d’écluse for­mant une pointe pour résis­ter à la pres­sion de l’eau lors du rem­plis­sage.

A par­tir du XVIème siè­cle, les pre­mières éclus­es sont con­stru­ites en France sur l’Ourcq, la Vilaine et sur le Lot, pre­mière riv­ière française totale­ment amé­nagée avec cette nou­velle inven­tion.

Aujourd’hui, les portes busquées sont telle­ment effi­caces qu’elles sont tou­jours courantes dans tous les canaux à tra­vers le monde.

Vous souhaitez franchir une écluse en bateau ? Décou­vrez tous nos itinéraires en France ou en Europe.

Le canal Nantes à Brest, une construction non-prioritaire devenue stratégique

Con­tin­uons cette série d’histoires con­sacrée à la con­struc­tion des canaux en France, par la con­struc­tion d’un des plus longs canaux de France : le Canal de Nantes à Brest.

L’histoire de la con­struc­tion des canaux en Bre­tagne a com­mencé au XVIème siè­cle avec la volon­té, lors de l’union du Duché de Bre­tagne avec le Roy­aume de France, de ren­dre nav­i­ga­ble la riv­ière La Vilaine afin de reli­er la cap­i­tale bre­tonne au Golfe de Gascogne.

L’intérêt économique de désen­claver les petites com­munes du cen­tre de la Bre­tagne, en con­stru­isant un canal d’ouest en est, est aus­si sur la table, mais avortera faute de finance­ments.

Il fau­dra atten­dre « la Com­mis­sion de Nav­i­ga­tion Intérieure » en 1783 pour que le pro­jet de nav­i­ga­tion entre Nantes et Brest ne soit remis au goût du jour.

Les travaux de con­struc­tion ne débuteront qu’en 1804, sous l’Empire, pour des raisons stratégiques, à la suite de la reprise des hos­til­ités avec l’Angleterre et le Blo­cus con­ti­nen­tal mis en place par Napoléon Ier entre 1806 et 1808. La supéri­or­ité sur les mers de la flotte anglaise force Napoléon Ier à assur­er l’approvisionnement de l’arsenal de Brest et celui de Lori­ent par une voie flu­viale, reliée à la Loire par Nantes.

Les travaux de con­struc­tion sont titanesques. Le canal de Nantes à Brest fait la jonc­tion entre qua­tre bassins flu­vi­aux (Loire, Vilaine, Blavet, Aulne), et huit riv­ières (Erdre, Isac, Oust, Blavet, Ker­goat, Doré, Hyères, et Aulne). Le canal de Nantes à Brest compte 3 biefs de partage des eaux (Bout-de-Bois : 19,83m, Hil­vern : 128,71m, Tranchée de Glomel : 183,85m) et 236 éclus­es pour un par­cours de 360 km.

Les travaux seront réal­isés par des pris­on­niers de guerre espag­nols, des sol­dats déser­teurs, des bag­nards de Brest, des paysans, et même des femmes et des enfants qui vont se fatiguer à la tâche pen­dant presque 40 ans. Le canal de Nantes à Brest est livré dans son inté­gral­ité à la nav­i­ga­tion en 1842.

Aujourd’hui le canal de Nantes à Brest est tou­jours nav­i­ga­ble. A retrou­ver au départ de nos bases de Redon, Saint-Nico­las-des-Eaux ou Rohan

Le chantier du XVIIème siècle : la construction du canal du midi

Homps depuis le canal

Ter­mi­nons par l’histoire inspi­rante de Pierre-Paul Riquet, ce jeune fer­mi­er général, à l’origine DU chantier du XVI­Ième siè­cle : La con­struc­tion du canal du midi.

Pierre-Paul Riquet naît en 1609 à Béziers, dans une famille de com­merçants et de nota­bles, son père fait par­tie du « con­seil des 30 » de Béziers. Au début du siè­cle, son père s’était d’ailleurs opposé à la con­struc­tion d’un canal reliant Nar­bonne à Toulouse, car le pro­jet posait notam­ment des prob­lèmes d’approvisionnement en eau.

C’est en novem­bre 1662 que Pierre-Paul Riquet présente à Col­bert, chef de l’administration des finances et surtout homme de con­fi­ance du Roi Louis XIV, son pro­jet de con­struc­tion du canal. Sa con­nais­sance par­faite du ter­rain lui per­met de trou­ver des solu­tions à chaque prob­lème posé par tous les pro­jets précé­dents. L’enjeu est à la fois l’essor économique de la région et poli­tique : les navires du Roi ne seront plus oblig­és de pass­er par Gibral­tar en Espagne.

La con­struc­tion du canal du midi, c’est toute sa vie. Il va même inve­stir ses pro­pres deniers, lorsque Col­bert freine sous pré­texte d’autres pri­or­ités. Il fera preuve d’obstination, allant même jusqu’à désobéir aux ordres de Col­bert lorsqu’il le juge néces­saire.

Le canal du midi est inau­guré en 1981, un an après le décès de Pierre-Paul Riquet. Il ne ver­ra jamais la final­ité de tous ses efforts. Ce sont ses 2 fils ainés qui ont pour­suiv­it les travaux de leur père à sa mort.

Le canal du midi est à décou­vrir à l’occasion d’une croisière flu­viale enchan­tée au départ de nos bases de loca­tion de bateau de Car­cas­sonne, Homps, Colom­biers ou Agde